• L'objectivité des média

    Petit exercice de détricotage de la propagande médiatique à laquelle nous sommes constamment exposés; voici le premier article sur lequel je tombe ce matin - mes interventions dans cette couleur - :

    Nicolas Sarkozy à la reconquête de l'opinion avec la Libye

    Nicolas Sarkozy fait avec l'intervention en Libye un pari risqué qui, s'il réussit, est de nature à restaurer son image sur la scène internationale tout autant qu'auprès de l'électorat traditionnel de droite.
    Autrement dit, le véritable enjeu de cette intervention est de nature politique à savoir redorer le  blason de Sarkozy, bien terni par le discrédit dont il est objet aussi bien auprès de ses électeurs que sur la scène internationale.

    Au plus bas dans les sondages et confronté à une poussée du Front national dans les urnes, le chef de l'Etat, qui joue un rôle en pointe sur le dossier libyen, a sans doute en tête le deuxième semestre 2008, quand ses succès à l'international avaient permis de redresser une cote de popularité déjà entamée.

    Il s'agissait alors de négocier l'arrêt des hostilités entre la Russie et la Géorgie et de mobiliser la communauté internationale contre la crise financière.

    Quels succès ? Il s'est agité comme à son habitude afin d'obtenir le retrait des troupes russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, mais la Russie n'a rien concédé.

    En matière de lutte contre la crise, il aurait fallu encadrer et réguler les marchés, au lieu de cela, notre président a renfloué les banques aux frais du contribuable.

    Avec ses efforts pour la mise en place d'une coalition dont l'objectif officieux est de forcer Mouammar Kadhafi à quitter la scène, "la prise de risque est plus grande aujourd'hui pour Nicolas Sarkozy", souligne Dominique Moïsi, conseiller auprès de l'Institut français des relations internationales (Ifri).

    "On est plutôt dans le scénario de type Irak en 1991, avec une résolution de l'Onu, une coalition et une intervention", ajoute cet expert, qui approuve l'opération.

    Un expert qui approuve une opération militaire ? ! ouh là, méfiance...

    "C'est le côté joueur du président de la République, qui aime prendre des risques. Maintenant, il faut voir comment cela se passe car plus cela durera, plus ce sera difficile", dit-il.

    En attendant, Dominique Moïsi juge que l'opération a permis à la France de faire à nouveau entendre sa voix sur la scène internationale.

    "Il y avait moins d'Europe dans le monde, moins de France dans l'Europe, où on entendait surtout la voix allemande. Il y a aujourd'hui une opération de défense et là c'est autre chose, ce sont les Allemands que l'on n'entend plus".

    Une France aux abois sur le plan diplomatique, un quai d'Orsay inexistant depuis la prise de pouvoir de Sarkozy avec des erreurs d'appréciation en cascade depuis le début des révoltes dans le monde musulman; une diplomatie contestée dans ses propres rangs par la fronde des diplomates vis-à-vis de leur hierarchie il y a quelques semaines.

    Notons aussi cette faculté de notre président d'irriter ses alliés à vouloir tout orchestrer sans l'aval des autres membres de la coalition, drôle de façon de se faire entendre sur la scène internationale, monsieur Moïsi !

    PAS D'ASSURANCE TOUS RISQUES

    "En le recevant avec tous les honneurs fin 2007, Nicolas Sarkozy avait redonné au colonel Kadhafi une légitimité dont il avait absolument besoin. En l'attaquant en 2011, c'est lui qui retrouve une légitimité internationale", déclare encore le conseiller de l'Ifri.

    Quelle légitimité internationale ? Les pays de la Ligue arabe se désolidarisent de l'intervention, la Russie et la Chine là regrettent, la Turquie exprime sa surprise du rôle de premier plan joué par la France... Si "international" signifie les Etats-Unis et la Grande-Bretagne uniquement, alors mettons nous d'accord sur une définition unanime du terme.

    Pour François Miquet-Marty, président de l'institut de sondages Viavoice, les effets devraient être bénéfiques auprès de l'électorat traditionnel de droite, qui avait mal vécu les atermoiements de la diplomatie française lors des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte.

    Encore une fois, on nous donne l'impression que l'intervention en Libye est plus une affaire de politique intérieure qu'une réponse à un appel de détresse d'un peuple en désespoir.

    L'électorat de droite à sans doute sa fierté et souhaiterait avoir une diplomatie digne de ce nom mais est-elle idiote au point d'accepter d'aller paver de cadavres le sol d'un pays étranger dans l'espoir de retrouver une forme de crédit sur la scène internationale ?

    L'électorat en général, peu importe son bord, préfèrerait que ses dirigeants répondent aux problèmes du chômage, de l'augmentation des prix des denrées alimentaires et seront sans doute plus que dubitatifs sur l'intérêt de cette intervention lorsqu'on leur aura présenté la note finale.

    "On avait aussi des électeurs déstabilisés par le style Sarkozy, avec sa tendance à privilégier l'image personnelle à la fonction présidentielle. Le chef de l'Etat se retrouve dans une posture présidentielle, gaullienne, et sa démonstration de sa capacité à faire bouger les choses et de promouvoir l'image de la France dans le monde ne peut être que bénéfique", dit-il.

    Larguer un tapis de bombes sur quelques misérables qui fuyaient les zones de combats - fussent-ils les partisans d'un dictateur dément - ne promeut, en rien, l'image de la France. Personne n'est dupe, ni en France ni ailleurs, sur les motivations réelles des pays occidentaux lors de leurs croisades pour la liberté et la démocratie.

    La posture gaullienne de Sarkozy : Mort de rire; on colle l'étiquette gaullienne au laquais de l'Empire, au traitre qui a piétiné les valeurs gaulliennes de la France et qui l'a réintégrée à l'Otan. De Gaulle s'était rapproché des pays hostiles aux Etats-Unis pour en contrebalancer la suprématie.

    "Beaucoup d'électeurs de droite étaient en attente d'un cap, d'actions porteuses de résultat. Cette intervention remplit pleinement ces objectifs même si tout dépendra, en fin de compte, de l'issue des événements en Libye", ajoute le sondeur.

    Le cap de la France : nettoyer les dictateurs que l'on courtisait encore quelques mois auparavant... Quel foutage de gueule; nos dirigeants, corrompus jusqu'à l'os (vacances à l'oeil pour les membres du gouvernement dans les pays aujourd'hui en crise, Karachigate, affaire Bettencourt etc... etc... etc... ), ne sont pas capables de maîtriser leurs dossiers intérieurs et ils se présentent comme les champions de la démocratie sur la scène internationale ! Quelle arrogance !

    Dans l'immédiat, François Miquet-Marty juge qu'ils sont trop récents pour influer sur le deuxième tour des cantonales, alors que le Front national talonne l'UMP après le premier tour.

    Nicolas Sarkozy a selon lui "tout intérêt à se distancier" de ce scrutin "pour montrer qu'il est au-dessus de tout ça et qu'il s'implique dans les choses du monde".

    Son omniprésence compulsive le rend incapable de prendre la distance requise par rapport à son rôle de chef de l'Etat.

    Il reste qu'un succès de l'opération libyenne ne serait pas une assurance tous risques pour la présidentielle, pour laquelle les derniers sondages le donnent en troisième position, derrière les candidats du Parti socialiste et du Front national.

    Le président américain de l'époque l'avait vécu à ses dépens après la reconquête du Koweït occupé par l'Irak en 1991.

    "Tout avait bien marché mais en fin de compte les gens ne se sont pas émus. Un an plus tard, George Bush était sorti par Bill Clinton" qui avait fait de l'économie son principal thème de campagne, rappelle Dominique Moïsi.

    On n'a plus qu'à attendre la sentance du peuple français en 2012.

    Edité par Yves Clarisse

    Source :

    http://fr.news.yahoo.com/4/20110321/tts-libye-france-sarkozy-ca02f96.html

    Voilà les réactions à la lecture de cet article... on notera que les 2 intervenants Dominique Moïsi, de l'Ifri et François Miquet-Marty, président de l'institut de sondages Viavoice, tiennent des positions assez proches, en faveur de l'intervention; pas de son de cloche discordant dans cet article... un consensus tout de même assez bizarre alors que la Ligue des pays arabes, Moscou, Pekin, Ankara s'indignent des frappes aériennes.

    En faisant une petite recherche rapide sur l'Ifri, nous apprenons que cet institut a été créé en 1979 par un certain Thierry de Montbrial, membre du comité directeur du Bilderberg dont Sarkozy semble bien connaitre les membres (pour tous ceux qui n'ont jamais entendu parler du Bilderberg, une petite recherche sur internet les projettera dans les méandres du conspirationisme et leur permettra de se faire une idée sur le rôle de l'institution); voilà qui est suffisant pour nous permettre de conclure que cet article, loin d'être un modèle de neutralité objective est une grossière manipulation de par le pédigrée de ses intervenants.

    François Miquet-Marty, présenté ici comme au étant au service du sarkozysme, nous conforte dans l'idée que cet article est un billet de propagande au service du pouvoir.


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